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Délégation du Parti socialiste en Tunisie

05-02-2011

Une délégation du PS s’est rendue à Tunis les jeudi 3 et vendredi 4 février. Harlem Désir et Pouria Amirshahi ont rencontré les organisations de la société civile et les partis démocratiques et progressistes acteurs de la révolution tunisienne : la ligue tunisienne des droits de l’Homme, le syndicat UGTT, le Forum démocratique pour le travail et les libertés, le PDP, ETTAJDID, le PCOT et de nombreuses personnalités parmi lesquelles Moktar Trifi, Souhayrb Belhassen, Mustafa Ben Jaafar, Hamma Hammami, Radia Nasraoui, Taoufik Ben Brick et Ahmed Mestiri.

Le Parti socialiste apporte son soutien à toutes les forces démocratiques engagées dans la construction d’une Tunisie nouvelle.

Il appelle le gouvernement français à en finir avec les hésitations, les ambiguïtés et les compromissions passées qui ont nuit gravement à l’image de la France. Notre pays doit maintenant pleinement s’engager aux côtés du peuple tunisien pour la réussite de la transition démocratique. Il faut bâtir une nouvelle coopération entre la France et la Tunisie fondée sur le respect et le progrès partagé.

Le Parti socialiste apportera concrètement son aide au cours des mois qui viennent aux organisations qui œuvrent à la construction d’une démocratie durable et irréversible en Tunisie. Il enverra de nouvelles délégations dans les prochaines semaines.

Harlem Désir, secrétaire national à la coordination
Pouria Amirshahi, secrétaire national à la coopération, à la francophonie, à l’aide au développement et aux droits de l’Homme

FSM: La gauche se relance à Dakar

05-02-2011

Article du JDD à lire sur le site du journal.

http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/Martine-Aubry-Eva-Joly-olivier-Besancenot-vont-a-Dakar-pour-le-11e-Forum-social-mondial-264105/?sitemapnews

FSM: La gauche se relance à Dakar

« Le 1789 tunisien » par Najet Mizouni

28-01-2011

Nous vous invitons à lire le texte intitulé « Le 1789 tunisien » de Najet Mizouni, universitaire, ancienne syndicaliste de l’UGTT, sur le site de Médiapart.

« Le 1789 tunisien » par Najet Mizouni – source Médiapart.

La Tunisie vient d’en finir avec un régime dictatorial qui a duré 23 ans. 23 ans de combats de personnes isolées, de militants «gauchistes» et de syndicalistes laissés sans relais et sans soutien, abandonnés à la police de Ben Ali et croupissant dans les geôles de ce dernier. 23 ans de silence complice de la majorité des médias, des politiques et des intellectuels occidentaux, en particulier français, au prétexte que Ben Ali «constituait un rempart contre l’intégrisme»!

Seuls les militants de défense des droits de l’homme en Tunisie exilés en France (CRLDHT) et quelques militant(e)s épars venu(e)s d’horizons divers et de petites formations politiques variées se sont acharné(e)s durant ces années de plomb à divulguer l’innommable à deux heures de Paris, sans pouvoir se faire entendre. Combien de fois avons-nous expliqué que ce régime non seulement ne constituait pas ce rempart imaginaire, mais qu’il faisait le lit de cet intégrisme qu’il prétendait combattre!

Ben Ali est venu au pouvoir en cherchant un compromis avec les islamistes, et il leur a concédé une islamisation rampante de la société. Il est devenu difficile sous son règne de ne pas observer le jeûne du ramadan, ce qui était inconcevable sous son prédécesseur. C’est la Révolution qui a fait cesser les interruptions de programmes télévisés par les appels à la prière, devenus par ailleurs tonitruants dans l’espace public. Il est vrai que, même sous Bourguiba, la sécularisation n’a jamais été poussée jusqu’au bout. Bourguiba qui voulait l’égalité successorale entre hommes et femmes a dû reculer devant la résistance de la Zitouna, la grande faculté de théologie, intransigeante sur ce point. L’article 1 de la Constitution stipule que «l’islam est la religion de l’Etat». De même, le Président de la République doit être de confession musulmane. La Mosquée n’est pas séparée de l’Etat, elle lui est soumise, ce qui n’est pas du tout la même chose. Il est vrai que depuis un certain 11 septembre 2001, il était entendu que le seul destin des mondes arabes et musulmans était le djihad, et que cela justifiait toutes les tyrannies. Aujourd’hui la vérité éclate: seule la démocratie pouvait faire barrage à tous les extrémismes!

Alors que vont faire les Tunisiens de leur «Révolution de Jasmin»? Le peuple ne veut plus qu’on lui mente et il ne veut pas davantage qu’on lui vole ou confisque sa révolution. Il veut tout simplement qu’on l’écoute et qu’on réponde à ses aspirations: installer au pouvoir une nouvelle élite politique digne de ce nom et intègre, ce qui implique qu’elle n’ait jamais pactisé avec l’ancien régime. Cette élite existe, composée d’intellectuels brillants et reconnus mondialement, de militantes et militants des droits de l’homme et de la femme, de la laïcité et des libertés fondamentales, de syndicalistes et de tout le mouvement associatif, des formations politiques marginalisées par le pouvoir.

Certains piliers de la société mis en place après l’indépendance n’ont jamais cédé, en particulier le syndicat UGTT, malgré des tentatives répétées de domestication. Sans l’autonomie syndicale au sommet, et l’action des unions locales, la révolution n’aurait sans doute pas abouti. Ensuite, il faut saluer le rôle des avocats et de la Ligue des droits de l’homme qui en était largement l’émanation, dans un pays où n’existait plus aucune voix discordante dans la presse ou au Parlement. C’est pourquoi toutes les forces du pays, sans exclusive ni exclusion, doivent participer à l’élan démocratique : cela vaut en particulier pour les forces politiques interdites sous l’ancien régime, communistes et islamistes respectueux du pluralisme et de la démocratie.

Mais l’émancipation des femmes et la laïcité sont encore devant nous. La démocratie réelle est à ce prix. Sans le formidable potentiel d’énergie et d’innovation des jeunes et des femmes, que nous venons de voir à l’œuvre, la Tunisie n’entrera pas dans la modernité (sa modernité) sociale et politique. Le Haut Comité pour les réformes politiques présidée par le professeur Yadh Ben Achour et qui va avoir la lourde charge de réviser voire d’écrire une nouvelle Constitution devra en particulier commencer par mettre fin à la discrimination qui subsiste dans l’article premier de la Constitution et installer une République laïque qui sépare le religieux du politique, et qui inscrive l’égalité homme/femme dans tous les secteurs de la société et de l’Etat.

Il lui faudra aussi restaurer l’Etat de droit initié par Bourguiba et jamais réalisé. L’égalité devant la loi exige la séparation des pouvoirs, des mécanismes de contrôle et une justice indépendante. En outre, le chef de l’Etat ne doit plus concentrer les pouvoirs. La distribution de ces pouvoirs, la répartition des compétences permettra une gestion saine de la vie publique et une garantie réelle des droits fondamentaux et des libertés publiques que la Constitution protège et dont le chef de l’Etat est et sera le garant !

La modernisation autoritaire, venue d’en-haut, les libertés octroyées on fait leur temps. Mais la liberté est fragile si l’on n’instaure pas un véritable Etat de Droit et des contre-pouvoirs capables de faire échec aux dérives toujours possibles. Là est le principal enseignement du « 1789 » tunisien, qui n’a pas fini d’étonner le monde, et de faire trembler les despotes.

Ouganda : le PS exprime son indignation suite à l’assassinat de David Kato

28-01-2011

Le Parti socialiste exprime son indignation suite à l’assassinat de David Kato, militant ougandais, engagé dans la lutte contre les discriminations subies par les homosexuels.

Le combat de ce militant pour les droits des homosexuels était particulièrement important face à la volonté de certains parlementaires ougandais d’aggraver encore la répression contre les homosexuels.

Les socialistes dénoncent l’inaction du gouvernement ougandais dont le devoir aurait été de protéger ce militant qui avait fait l’objet d’un appel au meurtre publié dans la presse.

Alors que l’homosexualité est encore réprimée dans de nombreux pays, parfois même avec des peines allant jusqu’à la peine de mort, nous réaffirmons notre attachement à la dépénalisation universelle de l’homosexualité.

La lutte contre les discriminations liées au genre ou à l’orientation sexuelle est un combat universel que les socialistes s’attacheront à porter, et qui passe nécessairement par la modernisation des législations, afin de garantir à tous et toutes des droits égaux.

Egypte

26-01-2011

Des milliers d’Égyptiens ont manifesté hier au Caire et dans d’autres villes d’Égypte pour demander des réformes politiques et sociales. Cette manifestation, sans précédent par son ampleur depuis 1977, témoigne de l’aspiration et de la volonté du peuple égyptien à plus de démocratie et de justice sociale. C’est la raison pour laquelle les manifestants se réclament ouvertement de la révolution tunisienne.

Le Parti socialiste déplore les trois morts survenues au cours de cette manifestation. Pour toute réponse, le gouvernement égyptien, évoquant l’ordre public, a interdit une manifestation des opposants prévue pour aujourd’hui.

Le Parti socialiste appelle les autorisés égyptiennes à répondre positivement aux demandes légitimes du peuple, à entreprendre des réformes politiques, notamment l’organisation d’élections réellement libres, la liberté pour les partis politiques et la fin de l’état d’urgence qui dure depuis des années. Ces réformes sont indispensables à la stabilité durable et à la prospérité de l’Égypte.

Iran

26-01-2011

La République islamique d’Iran multiplie les atteintes aux droits de l’Homme. En moins d’un mois, 55 personnes ont été exécutées. Parmi eux se trouvaient deux opposants politiques, Jafar Kazemi et Mohammad Ali Hajaghei, pendus à Téhéran et Hossein Khizri, militant kurde exécuté dans la province d’Azerbaïdjan.

Plusieurs dirigeants des partis d’opposition, des journalistes, des avocats et des artistes sont toujours détenus en prison, souvent dans des conditions intolérables.

Le Parti socialiste condamne avec la plus grande fermeté ces crimes, qui sont autant de violations inadmissibles des droits de l’Homme en Iran. Il appelle une nouvelle fois, l’ONU, l’Union européenne et le gouvernement français, à prendre toutes les mesures qui pourraient mettre fin aux agissements des autorités iraniennes en la matière. Il réaffirme son soutien et sa solidarité avec les démocrates iraniens qui luttent pour la liberté, la justice et la démocratie.

Téhéran, Tunis. D’une révolution à l’autre

17-01-2011

Ce texte de Pouria Amirshahi a été publié sur Médiapart le 17 janvier 2011

Secrétaire national du parti socialiste aux droits de l’Homme, je n’ai cessé depuis ma  prise de fonction de prendre, ou de faire prendre à mon parti, des positions politiques sans ambiguïté à l’égard du régime tunisien et du parti au pouvoir, le RCD. Malheureusement, et sans doute parce que je ne fais pas partie des dirigeants régulièrement invités à s’exprimer en public, elles ont été peu relayées. Je ne souhaite pas revenir ici sur ces déclarations, quiconque souhaite en prendre connaissance peut le faire sur le site Internet du PS. Pas plus que je ne souhaite pointer mes mises en garde répétées depuis 2008 sur la situation politique en Tunisie, à rebours de la pensée post-coloniale dominante dans les élites françaises. Néanmoins, refusant de faire de ma responsabilité (la défense des «droits de l’Homme») un supplétif de l’analyse diplomatique qui prévaut trop souvent, je veux livrer ici quelques éléments sur ce qui se joue dans la révolution tunisienne.

Le monde est en train de vivre la fin d’un cycle, celui inauguré à la fin des années 70 par les deux grands mouvements réactionnaires qui ont façonné les rapports de force internationaux:

- le premier, issu de la révolution conservatrice importée d’Outre Manche et d’Outre Atlantique, et porteuse de la mondialisation libérale, connaît depuis 2008 et la crise financière les premiers symptômes de sa fin ;

- le second, né du coup d’Etat islamiste pendant la révolution iranienne de 1979, qui se propagea alors comme une traînée de poudre dans tout le Moyen-Orient en donnant de la force aux multiples militants du jihad, a vu ses fondations ébranlées en 2009, par la révolte citoyenne au lendemain de la réélection frauduleuse de M. Ahmadinejad.

Si beaucoup a été dit sur la crise mondiale du capitalisme, peu de commentateurs ont inscrit le dernier mouvement populaire iranien dans un processus global qui touche désormais l’ensemble du Moyen-Orient et a déjà entraîné des bouleversements historiques. La révolution tunisienne en marche éclaire à nouveau l’enjeu majeur qui se joue aujourd’hui au Moyen-Orient: la conquête démocratique par les peuples eux-mêmes et le recul nécessaire de l’intégrisme religieux.

Dans les années 1950, les tentatives de synthèse entre socialisme, démocratie et nationalisme se soldent par des échecs politiques (Mossadegh en Iran), militaires (Nasser en Egypte), et ferment pour longtemps les portes de la démocratie. La responsabilité des puissances occidentales est, déjà, très lourde, puisqu’elles choisissent alors d’installer ou de laisser s’installer des régimes corrompus, au nom de leurs intérêts stratégiques et d’approvisionnement en matières premières (pétrole, gaz, uranium, etc.) que les dictateurs, de Saddam Hussein au Shah d’Iran, leur garantissent.

La contestation sociale passe alors par l’instrumentalisation de l’islam comme arme politique. C’est ainsi que la prise du pouvoir en Iran par Khomeiny sonne le début d’une nouvelle ère mondiale, faisant émerger dans son sillon, par delà les divergences entre sunnites et chiites, les formations politiques radicales. La voie islamique fait la preuve de sa capacité à renverser un régime dictatorial (rappelons que le discours de l’Ayatollah Khomeiny était alors accroché aux revendications sociales et démocratiques portées par les gauches iraniennes). C’est donc par là que passerait la libération, voire, comme certains l’ont dit, «l’indépendance véritable» au lendemain des mouvements de décolonisation.

En pointe dans la contestation de la corruption, présent sur le terrain social (les leaders et cadres des formations de gauche ayant été pour la plupart emprisonnés ou contraints à l’exil), l’activisme religieux progresse dans les populations. Sous des formes diverses (les Talibans en Afghanistan, le FIS en Algérie, le Hezbollah au Liban, le Hamas en Palestine, les «franchisés» d’Al Qaïda disséminés sur tout le Moyen-Orient, etc.), les intégristes s’installent, parfois même avec la légitimité incontestable du suffrage universel. Pendant toute cette période, la gauche est soit aveuglée (une partie de l’extrême gauche française apporta son soutien à Khomeiny), soit gagnée par la résignation d’un certain «réalisme», c’est-à-dire in fine par le renoncement.

Face à la montée de l’islamisme radical (et après en avoir soutenu des franges, comme Ben Laden en Afghanistan, face à l’Union soviétique), les grandes puissances occidentales, Etats-Unis en tête, ont  choisi deux impasses: soit la «guerre des civilisations» en Irak ou en Afghanistan (dont on sait aujourd’hui les motivations économiques), soit la sacralisation des bastions qui avaient fait de l’éradication islamiste leur principal argument de survie. La Tunisie était de ceux-là. Les élites françaises, a fortiori quand elles furent liées à la détestable Françafrique comme la droite l’est encore, sont ainsi restées sur une analyse binaire: la dictature «éclairée» plutôt que le Moyen-âge ou, si on préfère, le népostisme pro-occidental plutôt que l’islamisme.

Cette pensée de «la digue face au péril» n’a pas épargné certains dirigeants de gauche, qui comptent parfois parmi mes amis. Leur grande peur a pris forme lorsque le FIS remporta les élections législatives de 1991 en Algérie. Cette peur était compréhensible, mais elle niait la légitimité supérieure du peuple qui vote. Surtout, elle n’a pas débouché sur une transformation radicale de la politique de développement de son gouvernement. Autrement dit, cette stratégie est un échec: d’abord, elle n’a permis en rien d’accoucher de la démocratie. Au contraire, et alors que la Tunisie était prête à évoluer, le régime de M. Ben Ali n’a fait que se durcir.

C’est alors le peuple qui, armé de la seule arme qui lui soit indispensable pour briser ses chaînes, le «savoir», choisit d’écrire les termes de sa propre émancipation. Ensuite, et conséquemment, les Tunisiens font la démonstration que la démocratie ne s’importe pas par les armes mais se conquiert par les citoyens eux-mêmes. C’est très exactement ce qui a commencé à se produire au printemps 2009 en Iran (où, là aussi, le taux de scolarisation et le niveau d’instruction de la population est un des plus élevés au monde), lorsque le putsch électoral de M. Ahmadinejad a été rejeté par l’immense majorité du peuple iranien.

Les citoyens de tout le Moyen-Orient, en particulier à travers les images diffusées par Al Jazira et le militantisme d’Internet, ont ainsi vu, 30 ans après 1979, qu’il était donc à nouveau possible de se soulever contre les dictatures. L’échec de la dernière révolte citoyenne d’Iran (beaucoup plus laïque que ne l’ont dit les observateurs) a cependant ouvert la voie.

Ce sont donc aujourd’hui les Tunisiens qui prennent le relais, inscrivant leur révolution dans une dimension universelle, ce que précisément les élites occidentales ont toujours considéré inaccessible aux masses du Moyen-Orient, renforçant ainsi le relativisme des droits de l’Homme brandi par les intégristes.

Mais la révolution tunisienne en cours est aussi une révolution sociale: n’oublions pas que c’est sur fond de crise du système capitaliste qu’ont lieu ces bouleversements. Si on a cru un temps que la plupart des Etats africains avaient été épargnés par la crise comme certains éminents spécialistes qui louaient alors les modèles émergents (Chine, Tunisie notamment), on a rapidement perdu de vue que c’est surtout en raison de la faiblesse de leur inclusion dans le système financier international, et non de la vertu de leur «modèle de croissance». A cet égard, ce sont les pays occidentaux, inventeurs et organisateurs du système, qui ont été les premiers ébranlés. Ces derniers ont donc réduit fortement les investissements directs étrangers ainsi que les fonds de développement et largement réduit les importations en provenance de ces pays.

La forte réduction des entrées de capitaux en provenance des pays occidentaux (y compris des envois de fonds des travailleurs émigrés, ces derniers privilégiant leur propre consommation, a fortiori quand ils sont souvent les premiers  fragilisés dans leurs statuts d’immigrés en Occident) a très rapidement mis ces pays dans des situations économiques intenables. Par ricochet, la crise a ensuite rapidement atteint les autres pays, dont la Tunisie, propageant ses effets dans toutes les couches sociales. Ayons en tête, surtout, que la précipitation de la chute de Ben Ali s’opère quand l’UGTT, le principal syndicat des travailleurs, lance un appel à la grève générale, très largement suivi.

La revendication sociale et la soif démocratique ont opéré ainsi une jonction inespérée en Tunisie, débouchant ainsi sur une des plus belles révolutions de l’ère moderne. La neutralité de l’armée, la concorde nationale pour préparer les élections, la maturité de la société tunisienne et la forte structuration syndicale des ouvriers tunisiens à travers l’UGTT feront le reste, pour leur propre bien-être mais aussi pour celui de millions de citoyens de la région qui tiennent là un exemple.

Les démocrates doivent maintenant soutenir les Tunisiens autant qu’ils nous le demandent, cela sera aussi utile aux autres peuples, là où l’économie de rente permet à leurs dirigeants de tenir… mais pour combien de temps encore? Car de belles conquêtes sont à l’ordre du jour: conquêtes démocratiques bien sûr, mais aussi conquête de souveraineté économique, pour des peuples dont les ressources naturelles sont encore la propriété d’une clique ou des grandes multinationales privées.

Enfin, il faut repenser totalement la stratégie de coopération extérieure de la France, refondée sur des bases d’égalité et déshabillée de tous ses oripeaux compassionnels ou, pire, post-colonialistes. Dans la période qui s’ouvre, le rôle de l’Union européenne est fondamental: soit elle passe à côté de l’Histoire en observant les événements, soit elle saisit l’opportunité historique d’ouvrir la voie à un partenariat privilégié  à la Tunisie (comme pour la Turquie), pour aider les  tunisiens à consolider leur révolution démocratique.

La gauche en particulier doit relancer fortement le projet euro-méditerranéen, premier jalon d’une ère de prospérité et de paix, à quelques centaines de kilomètres du conflit israélo-palestinien et à quelques dizaines de kilomètres d’une Egypte explosive. Une Egypte où, là aussi,  peu de consciences ont osé montrer du doigt le soi-disant processus électoral qui a reconduit M.Moubarak, (à cause, toujours, d’une pensée dominante qui pose la dictature militaire comme rempart à l’islamisme intégriste). Une Egypte où le niveau de développement et d’instruction n’est nullement comparable à celui de la Tunisie, et où le choc démographique laisse prospérer tous les dangers.

La gauche doit enfin renouer avec la solidarité concrète envers les mouvements citoyens qui fleurissent partout, de la Chine à l’Iran. L’Occident a raté plusieurs wagons, privilégiant sa domination plutôt que le co-développement. A l’heure où cette domination est remise en cause par l’émergence de nouvelles puissances, il serait suicidaire, pour l’Europe, de laisser passer une énième (et ultime?) fois le train de l’Histoire. Cette occasion historique commence dès aujourd’hui,  chez nous, par dénoncer sans ambiguïté la Françafrique, par  reconnaître le droit au développement de tous les peuples, par favoriser les logiques d’intégration régionale et de développement endogène.

Les enjeux sont énormes: poussée démographique sans précédent, hyper concentrations urbaines,  raréfaction des ressources, généralisation de la pauvreté, progression des violences… autant d’éléments d’un cocktail qui franchira tôt ou tard les rives de la Méditerranée, si des bases de coopération radicalement neuves ne sont pas posées. La gauche aussi, la gauche d’abord, doit se tourner à nouveau vers ce nouvel horizon. Tout cela est parfaitement possible, y compris en respectant la souveraineté des Etats et la non-ingérence dans leurs affaires intérieures. Et à la condition de ne jamais rester silencieux sur le viol des droits et des libertés fondamentales.

Mme Alliot-Marie doit démissionner

16-01-2011

AFP

Un dirigeant du PS, Pouria Amirshahi, a dénoncé samedi l’attitude « indigne » du gouvernement français dans la crise tunisienne, et demandé la démission de Michèle Alliot-Marie qui avait proposé mardi à la Tunisie les conseils de la France pour « régler les situations sécuritaires ».

« L’attitude du président de la République et de son gouvernement durant la crise tunisienne a été indigne de la France », a déclaré dans un communiqué M. Amirshahi, secrétaire national du PS à la coopération et aux Droits de l’Homme.

« Accablantes par leur silence, les autorités françaises n’avaient même pas daigné convoquer l’ambassadeur de Tunisie en France pour exiger l’arrêt des tirs tendus à balles réelles qui ont fait plusieurs dizaines de morts (lors des manifestation), donnant ainsi le sentiment de cautionner les exactions du régime policier de M. Ben Ali », a-t-il dit.

« Pire, au lieu de demander que soient entendues les revendications du peuple tunisien et de sa jeunesse et mis fin à la répression, elle a très officiellement proposé, par la voix de (Mme Alliot-Marie) une coopération policière. Cette diplomatie du cynisme fait honte aux valeurs démocratiques que se doivent de défendre les représentants de la République française », a ajouté le responsable socialiste.

« C’est pourquoi Mme Alliot-Marie n’est à mon sens pas digne de continuer d’exercer ses fonctions de ministre des Affaires étrangères. Je demande sa démission, d’autant plus nécessaire si la France veut assurer des relations constructives et positives avec la Tunisie renaissante », ajoute-t-il.

« Faisant fi des grandes déclarations sur l’imprescriptibilité des droits de l’Homme, pourtant tenues quand ça l’arrange, M. Sarkozy est passé totalement à côté de l’Histoire », a-t-il dit.

Le PS à la manifestation parisienne de solidarité avec le peuple tunisien

16-01-2011

Le PS a exprimé sa solidarité avec le peuple tunisien en participant aux manifestations de soutien qui ont eu lieu à Paris et dans de nombreuses villes de France.
Harlem Désir a notamment rappelé le soutien du PS aux démocrates tunisiens depuis le début de cette crise et depuis de nombreuses années (voir notre dossier spécial Tunisie). Il était accompagné de David Assouline et Pouria Amirshahi pour le PS et Laurianne Deniaud pour les Jeunes socialistes qui témoignent de cette solidarité dans cette vidéo.

Solidarité avec le peuple tunisien

15-01-2011

Le Parti socialiste participera aux rassemblements de solidarité organisés en France le samedi 15 janvier pour exiger la fin de la répression du peuple tunisien et la protection de sa liberté de manifester. Pouria Amirshahi, Secrétaire national du PS chargé des droits de l’Homme, sera présent à la manifestation organisée à Paris.

Razzy Hammadi, Secrétaire national du PS, se joindra au meeting de solidarité organisé ce soir à Paris (18h, Bourse du travail).